PROMESSES ÉCOLOGISTES DE LA DROITE ! (ras le bol d'un doyen de GE)

Publié le par NC

Pourquoi me suis-je suis retiré des instances de GE ?
Certains d’entre vous me posent régulièrement la question suivante: pourquoi n’as-tu  pas renouvellé ta participation aux instances de Génération Écologie ? C’est donc l’occasion pour moi de répondre par avance à ceux qui risquent de me poser cette question prochainement .
En effet, après 18 ans d’adhésion à GE dont 6 comme Président de GE 13 (Bouches-du-Rhône), 7 comme délégué régional PACA, 9 comme porte-parole national et 6 comme Vice-Président de GE, il me fallait de bonnes raisons pour me retirer, même sur la pointe des pieds.

À cela trois raisons principales:

-laisser la place à de plus jeunes,
-rattraper mon retard professionnel
-ne plus croire en la ligne politique de Génération Écologie.
Les deux premières n’ont pas besoion d’être explicitées, la dernière oui.
En fait, je ne crois pas que la ligne politique de GE suivie depuis 1995  (à savoir: ses accords successifs avec la droite) n'ait permis à l’Écologie et à GE de progresser ? Je crois au contraire que c’est la principale raison du déclin de Génération Écologie.
La démonstration est simple :
Avant que Brice Lalonde ne rallie, en 1995, la candidature de Jacques Chirac à la Présidence de la République, GE pesait 6% dans les sondages (sondage BVA-Paris-Match de 1995) alors que les « Verts » n’étaient crédités que de 4% dans ce même sondage. Deux ans après (législatives de 1997) GE ne recueillait que 2.5% des suffrages. En 1999, Brice Lalonde recueillait 1.5% des voix à la législative partielle du 20° arrondissement de Paris et finalement GE recueillait moins de 1% à la législative de 2002. Bien que les scores aient un peu remonté aux législatives de 2007, ils n’ont jamais égalé ceux de 1993 ou de 1995.
On pourrait penser que c’est l’écologie qui est en cause mais les « Verts » ont démontré le contraire. On pourrait aussi incriminer la direction de GE, soit mais la chute à été trop brutale (de 1995 à 1997) pour l’imputer entièrement à la direction de GE.
Je pense donc que c’est tout simplement la relation de GE avec la droite qui est la principale responsable de ce déclin.
Dans cette relation GE a perdu sa crédibilité écologique, son électorat et la plupart de ses membres.
Sa crédibilité écologique car il était difficile d’expliquer aux électeurs que l’on voulait « écologiser la droite » selon le mot de Brice Lalonde alors que cette dernière considérait l’écologie comme un mal pas encore nécessaire.
GE a perdu son électorat (principalement de gauche) sans trouver un électorat écologiste à droite, car si en, 1999, le Figaro considérait que 2% des électeurs de droite étaient sensibles à l’écologie, c’était oublier que ces derniers votaient d’abord pour les partis de droite avant de voter pour des partis écologistes.
Enfin GE a perdu la plupart de ses membres historiques (N. Mamère, Y. Pietrasanta, H. Tazieff, H. Désir, etc…) qui ont préféré rester à gauche. Comme l’a démontré l’historien de l’écologie, G. Sainteny (2000), la perte de ses forces vives a contribué au déclin de GE.
Ce déclin était-il dû au fonctionnement de GE ou à son rattachement à la droite ?
En examinant les relations de GE avec la droite, je pense que c’est cette dernière qui est en cause. Dès son élection, en 1995, Jacques Chirac a fait un bras d’honneur à GE en nommant Corinne Lepage au Ministère de l’Environnement. Puis sont venus des accords finalisés ou non  avec les partis de droite: « Force Démocrate » de F. Bayrou, « Démocratie Libérale » d’A. Madelin, etc…. À chaque accord GE perdait des voix et des responsables arrivaient à se replacer dans les partis de droite au détriment de GE). En revanche aucun de ces accords n’a permis l’élection de membres de GE.
Pourquoi donc GE s’est entêté dans cette voie.
Je pense que cela est une succession de « malentendus ».
- GE a cru que la droite serait plurielle comme la gauche le fût sous L. Jospin, alors que pour les responsables de la droite, les écologistes devaient rentrer dans les rangs des partis classiques pour s’occuper, non pas de la réalisation d’un modèle écologique, mais pour contribuer aux programme électoraux qui comme chacun sait n’engagent que ceux qui y croient.
- Le deuxième malentendu a eu lieu lors des municipales de 2001. Alors que GE pensait que la droite s’était convertie à l’écologie en prenant dans ses listes des membres de GE, il s’agissait pour la droite d’éviter une défaite electorale trop lourde face à un gouvernement de gauche alors au sommet de sa popularité. Lors du premier tour des municipales de 2001, la droite (ayant mieux résisté que prévu)  a débarqué de ses listes pour le deuxieme tour, une bonne partie des candidats de GE. Pourquoi GE n’a pas compris le message ?
- Cela est probalement dû à quelques arbres qui ont caché la forêt.  Ces arbres là ce sont quelques fortes personnalités de droite qui ont soutenu des écologistes contre l’avis de leurs propres collaborateurs (J.C. Gaudin a Marseille, Ph. Douste Blazy à Toulouse, Michelle Alliot-Marie alors présidente du RPR, A. Juppé pendant son éphémère passage au super « Ministère de l’Écologie » en 2007 et Jean-Louis Borloo plus récemment).

Après avoir fermé les yeux pendant 13 ans, je pense qu’il est temps maintenant de les ouvrir.
L’écologie à droite ne sera jamais qu’une politique opportuniste répondant au cas par cas (sinon au coup par coup) à des besoins pressants des populations.
Ce ne sera jamais une vision moderne d’un monde en pleine évolution bientôt confronté à une crise majeure d’équilibre entre la Planète et l’Humanité.

Voilà pourquoi je ne crois plus en la ligne politique de GE et à l’écologie libérale. Et quand on ne croit plus en quelque chose (et notamment à l’existence d’un parti écologiste au sein de la droite) il vaut mieux se retirer.
Mais, me direz-vous, que faire dans ces conditions ?
Pour moi la réponse est simple et claire. La seule chance de survie de « l’écologie politique » c’est de regrouper tous les écologistes dans un seul parti.
En effet, tant que les écologistes seront divisés ils n’ont aucune chance de résister aux partis en place soutenus par de puissants et riches lobbies anti-écologiques et relayés par 99% des médias.
Il existe réellement un « pôle écologiste » comme il existe un pôle libéral, un pôle anti-libéral, un pôle socialiste et un pôle nationaliste.
Ce pôle ecologiste doit être représenté par un seul parti écologiste pour empêcher les partis classiques de s’adonner a leur passe temps favori, qui consiste à « monter » les partis écologistes les uns contre les autres, afin de mieux les affaiblir.
C’est cette menace que nous devons éviter si l’on veut sauver l’écologie politique.
C’est en tout cas à cela que je consacrerai l’énergie militante qui me reste.
Salut à tous.

Michel Villeneuve

Publié dans EXPRESSION LIBRE

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pierre-gilles tronconi 26/12/2008 14:30

Tout d'abord, je voudrais rendre hommage à Michel Villeneuve, un véritable écologiste, un scientifique éminent et un homme tout simplement chaleureux.Pour le reste, il le sait, je ne partage pas son analyse. Je pense que l'existence d'un parti écologiste est une utopie car, tout comme les libéraux, les radicaux, les républicains, les européens ou les souverainistes, il y a des écologistes de gauche, du centre ou de droite.C'est pourquoi je partage la position de Patrice Hernu qui est de construire un projet écologiste original pour la droite et le centre.En assurant encore Michel de mon amitié.Cordialement

Citoyen écolo 24/12/2008 19:04

Michel Villeneuve a raison sur toute la ligne. J'espère que JN Debroise saura inverser la tendance en décollant Ge de la droite. Si je ne suis pas adhérent à Ge c'est parce que ce parti est trop orienté à droite. Depuis longtemps j'attends le regroupement de toutes les chapelles écologistes. C'est peut-être le moment de se bouger. Qu'a décidé la direction de Ge pour les européennes ? Va -t-il y avoir convergence avec Europe Ecologie de Dany le Vert ?Je n'ai pas de conseil à donner, mais c'est peut-être le moment de foncer.Ge donnerait en fin l'image de vouloir progresser dans le secteur qui est le sien, l'écologie.Merci Michel Villeneuve d'avoir dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.Bonnes fêtes de fin d'année 2008 et bonne chance pour 2009.

FRANCE GAMERRE 17/12/2008 08:41

SUR LE PLAN D'UNE STRATÉGIE POLITICIENNE ET THÉORIQUE MICHEL VILLENEUVE A RAISON, POUR L'INSTANT.MAIS SUR LE PLAN DE LA RÉALITE DE CE QUE SONT LES VALEURS, LES PROPOSITIONS DES ADHÉRENTS ET ÉLUS DE "GÉNÉRATION ÉCOLOGIE"  C'EST , À MON AVIS, IMPOSSIBLE DE REJOINDRE LA GAUCHE. MICHEL VILLENEUVE OUBLIE DE DIRE QUE CE SONT LES VERTS QUI ONT CHOISI  EN 1994 DE FAIRE ALLIANCE AVEC LA GAUCHE ROMPANT AINSI L'UNITÉ ÉCOLOGISTE DE 1993. CETTE SITUATION N'EST CERTAINEMENT  PAS FIGÉE. "GÉNÉRATION ÉCOLOGIE" TROUVERA TOUTE SA PLACE AU SEIN  D'UNE "SOCIALE-DÉMOCRATIE"  SI LES LEADERS DU CENTRE DROIT ET GAUCHE ARRIVENT À DÉPASSER LEUR EGO POUR CONSTRUIRE UN PROGRAMME DE GOUVERNEMENT RESPECTUEUX DE L'HOMME ET DE SON ENVIRONNEMENT.

NC 16/12/2008 19:44

SUR LE PLAN D'UNE STRATÉGIE POLITICIENNE ET THÉORIQUE MICHEL VILLENEUVE A RAISON, POUR L'INSTANT.MAIS SUR LE PLAN DE LA RÉALITE DE CE QUE SONT LES VALEURS, LES PROPOSITIONS DES ADHÉRENTS ET ÉLUS DE "GÉNÉRATION ÉCOLOGIE"  C'EST , À MON AVIS, IMPOSSIBLE DE REJOINDRE LA GAUCHE. MICHEL VILLENEUVE OUBLIE DE DIRE QUE CE SONT LES VERTS QUI ONT CHOISI  EN 1994 DE FAIRE ALLIANCE AVEC LA GAUCHE ROMPANT AINSI L'UNITÉ ÉCOLOGISTE DE 1993. CETTE SITUATION N'EST CERTAINEMENT  PAS FIGÉE. "GÉNÉRATION ÉCOLOGIE" TROUVERA TOUTE SA PLACE AU SEIN  D'UNE "SOCIAL-DÉMOCRATIE"  SI LES LEADERS DU CENTRE DROIT ET GAUCHE ARRIVENT À DÉPASSER LEUR EGO POUR CONSTRUIRE UN PROGRAMME DE GOUVERNEMENT RESPECTUEUX DE L'HOMME ET DE SON ENVIRONNEMENT.